L’Ère Mozilla (2010–2015)
Cinq ans séparent l’annonce de Rust de sa première version stable. Cinq ans de réécritures, de décisions radicales, et de maturation.
Le compilateur passe d’OCaml à Rust auto-hébergé en 2011 — le langage « mange sa propre nourriture ». L’étape est cruciale : Rust doit prouver qu’il peut écrire des programmes systèmes complexes, et rien n’est plus complexe qu’un compilateur.
En 2012, le système de possession (ownership) prend sa forme quasi-définitive. Niko Matsakis et Felix Klock conçoivent le borrow checker — le vérificateur d’emprunts qui garantit à la compilation qu’il n’y a ni data race ni use-after-free. Le langage renonce au garbage collector ; c’est un pari immense.
En 2014, Rust est suffisamment mûr pour que Mozilla l’utilise dans Servo, son moteur de rendu parallèle. Servo est le banc d’essai idéal : multi-threading intensif, performances critiques, sécurité obligatoire.
Le 15 mai 2015, Rust 1.0 est publié. La communauté retient son souffle. Pour la première fois, un langage système prouve qu’on peut avoir la performance de C++ sans les fuites mémoire, les dangling pointers, ni les data races.
« Rust is the first language to prove that you can have performance, memory safety, and data-race freedom — all without a garbage collector. »
| Année | Contribution | Acteurs |
|---|---|---|
| 2011 | Auto-hébergement — le compilateur Rust compile Rust | Graydon Hoare, Équipe Mozilla |
| 2012 | Borrow checker — conception du vérificateur d’emprunts, abandon du GC | Niko Matsakis, Felix Klock |
| 2013 | Première version alpha — premiers tests publics du langage | Mozilla Research |
| 2014 | Servo parallèle — Rust utilisé massivement dans le moteur de rendu Mozilla | Équipe Servo |
| 2015 | Rust 1.0 — première version stable, compatibilité ascendante garantie | La Rust Community |
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